C’est une question qui revient très souvent chez nos clients en Europe : "Pourquoi y a-t-il de la poussière au fond de mon sachet de maté ?"
Habitués à la culture du thé en vrac, on associe facilement la “poussière” (le dust) à un résidu de basse qualité. Pourtant, dans le monde du maté, cette “poussière” peut être tout autre chose : du polvillo, c’est-à-dire une fraction plus fine de la feuille.
L’objectif de cet article est simple : vous expliquer ce que font les différentes fractions (poudre fine, tiges, feuilles), pour que vous puissiez choisir votre yerba selon votre façon de préparer : calebasse + bombilla, infuseur, maté cocido, chaud ou tereré. Pas de dogme. Juste une grille claire.
L’anatomie de la yerba maté : une “recette” en 3 fractions
Une yerba maté n’est pas un broyage aléatoire. Dans la plupart des styles traditionnels, on retrouve trois éléments qui interagissent entre eux : la feuille, la tige (palo) et la fraction fine (polvillo). Selon les marques et les pays, les proportions varient, et c’est ce qui crée des profils différents.
1) La feuille : la réserve d’endurance (goût qui tient)
Les particules de feuille plus “grosses” agissent comme une réserve : elles libèrent leurs arômes plus progressivement. C’est souvent ce qui explique pourquoi certaines yerbas tiennent longtemps sur plusieurs remplissages (un thermos complet quand la préparation est bien faite).
2) Le palo (les tiges) : l’architecte du flux (et de la rondeur)
Le palo n’est pas automatiquement du “remplissage”. Il peut jouer un rôle mécanique très utile : il crée des espaces et des canaux dans le lit de yerba, ce qui facilite la circulation de l’eau et réduit le risque de bombilla bouchée. Côté goût, il peut aussi apporter une sensation plus ronde, moins “agressive”, selon les profils.
3) Le polvillo (fraction fine) : intensité au démarrage, mousse, structure
Le polvillo correspond à une fraction plus fine de la feuille. Dans une préparation traditionnelle en calebasse, il peut influencer trois choses :
- Le démarrage : les particules fines s’extraient plus vite. Résultat : plus de présence dès les premières gorgées (souvent perçue comme “plus fort”).
- La mousse : certaines yerbas moussent davantage quand la fraction fine est plus présente. Cette mousse est recherchée par beaucoup d’amateurs (texture, sensation, “maté vivant”).
- La structure (montañita) : en calebasse, la fraction fine peut aider à mieux “tenir” la montañita quand elle est bien formée, ce qui contribue à une extraction plus régulière sur la durée.
Alors… faut-il éviter la yerba avec polvillo ?
Pas forcément. Tout dépend de votre usage (et c’est là que beaucoup de gens se trompent). Voici une règle simple :
- Calebasse + bombilla (rituel traditionnel) : la présence de polvillo et de palo peut être un avantage pour la tenue, la mousse et la structure.
- Infuseur / théière / maté cocido : une yerba plus “propre” (moins fine) est souvent plus simple et plus claire en tasse.
- Tereré (froid) : beaucoup de profils fonctionnent très bien, l’extraction étant plus lente. On choisit surtout selon le goût.
- Palais sensible : des profils doux/équilibrés peuvent être plus agréables au départ, quel que soit le style de mouture.
L’expertise El Gaucho 🧉
Chez El Gaucho, notre rôle n’est pas de pousser un “style” contre un autre. Nous proposons plusieurs types de yerbas : des profils traditionnels (avec tige, différentes moutures) et des yerbas plus “légères” ou plus propres selon l’usage.
Notre promesse : vous aider à comprendre les différences (mouture, tiges, intensité, durée en calebasse) pour choisir la yerba qui correspond à votre façon de préparer et à votre palais.